En journalisme, les « chiens écrasés » désignent ces faits divers relégués aux marges du journal.
Ce spectacle part de ces entrefilets pour en faire le coeur d’une expérience théâtrale improvisée. À partir d’articles choisis et lus par le public, deux comédiens jouent et déploient des récits improvisés, là où le journal s’arrête et où l’histoire commence.
Le public assiste à une performance en direct, traversée par le risque, le silence et l’accident de jeu.
Nous sommes Dorian et Basile.
Nous sommes différents dans notre rapport aux humains, à l’autre, à l’information et à son traitement. Nous divergeons. L’un est plus radical que l’autre. On s’équilibre et l’on se déséquilibre à la fois.
L’improvisation est l’espace de tous les possibles. C’est un film formidable qui se déroule sans effets spéciaux qui explosent la nature, sans intelligence artificielle qui pompe l’eau. C’est le retour des grands éclats de rire en collectif, parce que nous avons tous vécu un moment unique qui ne se rejouera plus jamais ailleurs. Une fulgurance entre artistes.
C’est l’art de l’éphémère poussé à son paroxysme. Bien exécutée, l’improvisation est une opportunité folle de s’émouvoir collectivement. J’aime ça. Plus que tout.
J’aime aussi l’idée d’utiliser une matière concrète, le papier, écrite par un·e journaliste de terrain qui n’aura pas trouvé l’opportunité, le temps ou le droit éditorial pour faire de son petit récit quelque chose de plus grand. Mon père était journaliste dans le nord de la France. Je n’ai jamais su comment il travaillait. Autre époque. Aujourd’hui, je veux me positionner à la conclusion de tout cela. Je veux donner un dernier aboiement aux chiens
écrasés.
Dorian
Je trouve le terme faits divers assez dégradant. Étrangement, la locution chiens écrasés n’arrange rien. Bon. J’ai envie, à travers ce spectacle, de mettre en lumière les gens comme vous et moi, celles et ceux dont les drames et les galères ne sont pas considérés comme suffisants pour occuper plus d’une colonne ou quelques lignes dans un journal. Je veux faire sortir de l’ombre les histoires que l’on cherche à occulter. Les célébrités et les politiques prennent déjà trop de place, même lorsqu’il s’agit de les caricaturer ou de les dénoncer. Je ne veux pas leur donner davantage de visibilité. Qu’ils crèvent restent là où ils sont.
Basile
Metteur en scène/Chorégraphe:
Dorian Pillot
Emelyne Baulande
Interprètes:
DORIAN PILLOT
BASILE GUERRERO
Regard extérieur:
DAVID PEYRON